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Lutte contre la fièvre catarrhale ovine - La Commission des finances juge le budget insuffisant


( Publié le 24/07/2008 à : 17H 23 min )

La fièvre catarrhale ovine (FCO) ou maladie de la langue bleue, est l'un des fléaux qui touche le monde agricole. Cette maladie, qui touche tous les ruminants, est à l’origine de l’une des « plus graves crises sanitaires que la France ait connue depuis les cinquante dernières années », selon un rapport de la Commission des finances rendu publique ce jeudi 24 juillet au Sénat à Paris.

La France est-elle préparée ? Quels sont les améliorations à apporter dans la lutte contre la FCO ? Autant de réponses apportées par le rapport de la Commission des finances présenté aujourd’hui. Nicole Bricq, rapporteur spécial de la mission « sécurité sanitaire » et sénateur de Seine-et-Marne, a été chargée de l’analyse du budget accordé à la lutte et à la prévention contre la fièvre catarrhale ovine. La principale critique concerne le budget accordé à la lutte contre les maladies animales. En effet, « le ministère de l’agriculture a largement sous-budgetisé ce secteur. Avec un coût réel de 50 millions d’euros, seulement 2 millions d’euros ont été affectés à ce domaine en 2007 », indique Nicole Bricq.

Pourtant, l’alerte a été donnée en août 2006, après l’apparition d’un foyer de contamination proche de Maastricht (Pays-Bas). Cette maladie, non transmissible à l’homme, inoculée par un moucheron, était connue depuis longtemps, mais pas à ces latitudes. Il existe 24 sérotypes différents du virus. « Les cas apparus, dus au sérotype 8 inconnu dans le Nord de l’Europe, ont déstabilisé les ministres européens. Une mauvaise gestion de la crise s’en est suivie : les ministres savaient qu’il y aurait un problème, pourtant le budget n’a pas été réévalué », affirme Nicole Bricq. De plus, depuis la création des lois des finances (LOLF), le budget des années antérieures n’est plus reportable qu’à hauteur de 3% sur le budget de l’année suivante. « Une évaluation précise du budget est donc indispensable », a déclaré le rapporteur.

Elaboration d'un vaccin préventif

Cependant, concernant l’élaboration d’un vaccin préventif, Nicole Bricq a précisé que « le ministre avait agit convenablement ». Trois laboratoires étaient en mesure de fournir un vaccin en un temps record (18 mois), contre un délai classique de 6 à 7 ans. « La confusion s’est plutôt située au niveau de la stratégie vaccinale », selon le rapport. Le ministère s’est occupé en priorité des départements les plus anciennement touchés, ce qui a provoqué l’incompréhension et la frustration des éleveurs situés en zones menacées, mais pas encore touchées. Nicole Bricq a ainsi expliqué que « cette stratégie tenait de la prise en compte de problèmes à la fois sanitaires et économiques par le ministre. En effet, l’Italie avait arrêté d’importer des broutards français ». La vaccination non obligatoire a aussi créé des tensions entre éleveurs et vétérinaires, étant donné que dans ce cas les prix des vaccinations sont libres.

Compte tenu des ces constatations, des améliorations sont à apporter afin d’optimiser la gestion des cette crise sanitaire. Au niveau ministériel, le rapport dénonce une carence du système d’information dû a un budget trop faible. Au niveau européen tout d’abord, Nicole Bricq a précisé que « l’Agence européenne devrait coordonner les politiques, afin d’obtenir une action commune européenne ». Dans l’avenir immédiat, le rapport montre que des crédits plus importants devraient être accordés afin de gérer ce problème annuel récurrent. Une sous-consommation de vaccins est aussi constatée. « Il serait nécessaire que le gouvernement tranche la question et rende obligatoire la vaccination des troupeaux » affirme la sénatrice socialiste. En effet, trop d’éleveurs utilisent encore des techniques parallèles de préventions. D’autant plus qu’à ce jour, les symptômes réels, ainsi que l’impact de la maladie, ne sont pas clairement identifiés.

Source : TV Agri / Milfeuille Presse

Auteur : Leslie Gadal

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